Fissik

 

Fissik

Fissik, nom masculin ou féminin, a d’abord le sens de « magie noire ». Les saltimbanques au Moyen-Âge faisaient aussi des Fissik, c’est-à-dire des jongleries. Aujourd’hui, Fissik màcha signifie faire des sottises, des singeries, voire des simagrées. Comme le terme est dérivé du français « physique », au sens de « aspect extérieur », Üssahna, on le trouve aussi avec cette orthographe : Phisik. Le pluriel Fissimàtanta en est un synonyme. Le singulier étant Fissimatentes. Son origine remonte au moyen haut-allemand « visament », au sens de « Zierat », ornements. L’étymologie est latine : « visae patentes » qui signifia d’abord « brevet délivré dans les règles de l’art », et ensuite « difficultés bureaucratiques superflues. »

Le verbe fissamickera, manigancer, trafiquer, se livrer à de mystérieuses manipulations, est bien sûr apparenté à Fissik : Wàs häsch dia gànz Zitt gfissamickert ? Qu’as-tu trafiqué / manigancé tout ce temps ? Un autre parent lexical est Fissigucker / Fissiguckes, charlatan, au sens de « individu qui se mêle de tout affectant un grand savoir », bref un escroc, a Littversäckler. Le lien avec Hàlunka n’est pas évident puisque ce dernier est tiré de tchèque « holomek » signifiant tout à tour « mendiant », « escroc », « serviteur », « valet. » En Hochdeutsch, sa forme originelle était « Holunke », puis « Halunke » au 19e siècle. Son premier sens était « mendiant ». En silésien, il signifiait par ailleurs « messager » ou « gardien ». Puis au début du 20e siècle, dans les langues slaves, il prit le sens de « sale type », de « crapule », bref a Lump, sens qu’il a aussi en alsacien aujourd’hui. On utilise même l’emprunt au français : Krapüll, c’est dire !

Edgar Zeidler

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