Eland

Eland

S Eland désignait, à l’origine, s àndera Land, l’autre pays, le pays étranger, s fremda Lànd, s Üsslànd, ensuite le fait d’habiter en dehors de sa terre natale, d Heimet.

Le glissement sémantique, dr Beditungswàndel, provient du sentiment nostalgique typiquement alémanique, d àlemànnischa Wehmüat, dans sa version Heimweh, qui assimilait la terre étrangère à d Not, la misère, la détresse, s Unglìck, le malheur, dr Kummer, le chagrin, des sens qu’on retrouve aussi bien dans des chansons populaires, Volksliader, que dans des cantiques, Kìrchaliader.

Comme adjectif, eland peut être synonyme de jammerlig, a eland Lawa, une vie pitoyable, de àrmselig, a elanda Hìtta, une hutte misérable, de krànk, malade, de kranklig, maladif, de schwàch, faible, schwächlig, de chétif, fragile, mais aussi de gmein, vulgaire, de nìdertrachtig, vil, a elander Schuft, un sacré scélérat, a elander Wagges, sans oublier erschäpft, épuisé, unwohl, mal à l’aise, miis, de peu de valeur, plàtt, à plat, schlàpp, flagada.

On trouve s Eland comme substantif, en tant que manque matériel, màterieller Màngel, dans les expressions : ar sìtzt ìn sim Sassel wìe a Hiffala Eland, il est assis dans son fauteuil comme un petit tas de misère, ma seht s Eland ìn sina Àuiga, on discerne le malheur dans ses yeux, wenn da amol ìm Eland glànda bìsch, ìsch’s schwaar üss eigener Kràft wìdder üssaz’ku, si tu as atterri dans le besoin, dans la mouise, il est difficile de t’en sortir de ton propre chef.

Mais eland s’emploie aussi comme adverbe et se traduira par lamentablement, piteusement, de manière affligeante. Le verbe belanda, quant à lui, n’est plus guère usité, alors qu’on disait couramment dia àrma Litt belanda mìch, ces pauvres gens me font de la peine, s belandet mìch wenn i dràdank, cela me désole quand j’y pense.

Un vœu pour 2020 : que vous ayez à employer le terme Eland le moins souvent possible et ceci quelle qu’en soit la traduction !

Yves BISCH

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