Effeff

Effeff

Voilà un terme bien curieux qui s’emploie dans des locutions comme ebbis üssem Effeff känna, au sens de « parfaitement connaître quelque chose. » L’origine est incertaine, mais il semblerait que ce soit l’abréviation latine ff, transcrite phonétiquement Effeff, et utilisée pour les digestes, c’est-à-dire les recueils des décisions des jurisconsultes composés à l’époque de l’empereur Justinien.

Maîtriser quelque chose se dira ebbis beherrscha, maîtriser parfaitement q. ch. ebbis üssem Effeff beherrscha. Le glissement sémantique vers les personnes se fera par l’expression, ar kàt sich nìtt beherrscha, il ne parvient pas à se maîtriser, se contrôler.

Savoir une chanson par cœur se dira a Liad üss(a)wandig känna. Cette locution imagée signifiant littéralement « à l’extérieur des murs ». Par extension, on peut aussi prétendre connaître quelqu’un par cœur : Brüchsch m’r nitt vormàcha, ich känn di üss(a)wandig ! Inutile de me raconter des salades, je te connais par cœur.

La perfection, d’Vollkùmmaheit, l’adjectif parfait, vollkùmma, sont plus anciens que les emprunts Perfektion et perfekt. Parfaire, parachever q. ch. ebbis vollanda nous renvoie à Vollandùng, achèvement et à l’expression ìn heechster Vollandùng, dans toute sa perfection.

On retrouve l’idée de perfection dans les adjectifs unìbertrafflig / ùnìwwertrafflig, insurpassable, inégalable, et dans unìbertroffa / ùnìwwertroffa, inégalé.

Attention cependant à bien traduire « perfectionnement », au sens de « cours de perfectionnement », par Furtbìldung / Fortbìldùng et de distinguer der Perfektionìscht du Dìpfalaschisser. Le premier étant le perfectionniste, le second, le pinailleur.

Edgar Zeidler

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