Ecomord

 

Ecomord

Voilà que, sous l’impulsion d’événements divers et variés, fleurissent des néologismes dans la langue française, comme le récent « écocide », que l’alsacien, pour ne pas rater le train (de mesures en marche), se doit de pouvoir traduire. Je propose donc Ecomord. Il s’ajoute au récent féminicide, Frauiemord, et à l’ancien infanticide, Kìndermord.

Bizarrement, à l’époque de la disparition de nos Coopés, personne n’a eu l’idée de parler de Coopécid, Coopémord, peut-être par égard à la politique conquérante de la grande distribution.

Concernant les mesures de restrictions actuelles, d’aucuns dénoncent des mesures liberticides, Frèiheitsmord - Màßnàhme, qui affectent de nombreux domaines de notre société. Parlera-t-on bientôt de petit-commerçanticide, Kleinhandlermord ? Ou de librairiecide, Büechhàndlungmord ? Voire de bistrocide, baricide, ou restauranticide, Beize-, Bar- oder Restaurantmord ?

Le pas vers cinémacide, Kinomord, concerticide, Konzertmord, muséecide et Écomuséecide, Müseemord undEco-müseemord, serait vite franchi. Pour les fêtards, vie nocturnicide, Nàchtlawemord, associé à tourismecide, Tourismusmord, pourraient s’imposer bientôt. S’ajouterait à cette liste forcément parc d’attractionicide, Vergniegungsparkmord, ou fête forainicide, Messtimord ou Kìlbmord.

Le sport ne voudrait pas être en reste et réclamerait sans doute d’être mieux doté de termes comme sport amateurcide, Amateursportmord, supportercide, Süpportermord, voire carrément stadecide, Stademord !

Pour la fin d’année fleuriront des mesures fêticides, Faschtermord - Màßnàhme. Quant aux frustrations et au désespoir cumulés, cela pourrait conduire à des suicides, Salbschtmord. Mais là, nous sommes en terrain tristement connu.

Dire que, lycéen au « Bartho » à Colmar, j’ai étudié Le Cid de Corneille, non dénué d’homicides, Totschläj, sans me douter qu’un demi-siècle plus tard, mon vocabulaire s’enrichirait de tant de nouveaux « cides » !

 

Edgar ZEIDLER

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