Eckstein

Eckstein

Eckstein, dont le sens premier est « pierre angulaire », correspond, au jeu de cartes, Kàrtaspìel, à « carreau » en français et « Karo » en allemand. Ceci est notamment le cas au tarot, dont l’orthographe allemande « Tarock » renvoie à « tarocco » en italien. L’origine de ce terme, qui remonte au 18e siècle, est floue. En revanche l’origine de la belote, dont l’orthographe hésite entre Dertala et Tärtala, est mieux connue. Selon Martin et Lienhart, p 718, c’est un jeu d’origine juive où trois cartes de même couleur, Eckstein, carreau, Harz, cœur, Schüfel / Schüfla, pique, Kritz, trèfle, qui se suivent forment a Dertala / Tärtala, une tierce en français, « eine Terz » en allemand. On parle de füül Dertala quand il en manque une au milieu, par ex. le roi de cœur, der Harzkenig entre la dame et l’as de cœur, zwìscha der Harzdàm(a) un em Harzàss. Il est intéressant de relever que le valet se dit soit der Bür ou der Büe.

Taper une belote se dit a Dertala klopfa. Avant de donner, il est d’usage de « couper » où le joueur placé avant le donneur, da wo gìtt, fait deux tas. Dans ce cas, on utilise le verbe àbhewwa. En revanche, quand on coupe une couleur, c’est àbhauia ou àbtrumpfa. Ce dernier est dérivé de Trumpf, pluriel Trìmpf, atout. « Coupé » se dit aussi àbgebimmert. Ne dites surtout pas schnida réservé aux aliments : Brot schnida, couper du pain. Quant à « faire un pli » c’est a Stìch màcha et le contraire, kè Stìch màcha. D’ailleurs stacha est un synonyme de hauia, couper.

« C’est à toi de jouer ! » se dit : Dü spìelsch üss ! La question ritournelle après 1h de jeu : « C’est à qui de donner ? » Wer gìtt ? Et la réponse mille fois entendue du seul joueur qui suit le jeu est : Ìmmer da wo frogt ! Toujours celui qui demande !

On qualifie les mauvaises cartes de Brattla, littéralement « planchettes. » Quand on passe son tour, on emploie bàssa, emprunté au français « passer », et quand on est maître, on dit ich bìn Meischter. C’est tout le mal que je souhaite aux lecteurs joueurs de cartes, Kàrtaspìeler.

Edgar Zeidler

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