Decknàmma

Decknàmma

Un mot qui se perd, synonyme de Pseudonym, est Decknàmma. Ce terme évocateur composé de Deck, couverture, et de Nàmma, nom, signifie littéralement « couvre-nom ». Les termes apparentés formés sur Deck- sont nombreux. Dans le Sundgau, d Deck(e) ta a plusieurs sens : couverture d’un livre, qui se dit aussi Büechdeckel, d’un cahier, jaquette, protège-cahier, mais aussi couverture de lit. À Colmar et dans le Val de Munster, on emploie plutôt l’emprunt d Küwert, à Strasbourg, c’est d Deck.

On retrouve l’élément Deck dans s Gedeck, le couvert, et dans der Tìsch decka, mettre le couvert. Notons que s Bsteck englobe les couteaux, les cuillères et les fourchettes. D Decki (Sundgau) désigne la nappe qui se dit s Tìschtüech à Colmar. D Decklàcha est le drap du dessus et nous renvoie à Bettlàch, joli village sundgauvien qui signifie littéralement « drap de lit ». S Deckbett ou Decktabett, c’est l’édredon, alors que d Ziacha est très exactement l’enveloppe de tissu du couvre-pieds. Dans le Sundgau, la taie d’oreiller se prononce avec art : d Chopfchìssiziacha, l’oreiller étant s Chopfchìssi. À Colmar, c’est der Kopfakìssa-Ìwwerzùgg formé sur Kopfakìssa.

Personne ne sera surpris de lire que le verbe decka a le sens de couvrir, recouvrir ; verbe qu’on retrouve dans l’expression a Dàch decka, couvrir un toit. Der Deckel est le couvercle, mais aussi la caboche et eini ùff der Deckel bekùmma (Colmar) ou eini üf der Deckel ìberchu (Sundgau), correspond au français recevoir une calotte.

Mais revenons à Decknàmma, très prisé par exemple sur les réseaux sociaux si l’on veut rester incognito, ùnerkànnt, tout en ne passant pas inaperçu, ùn doch nìt unbemerkt. Les prétextes pour garder l’anonymat, die Deckmantel fìr nàmmalos z bliwa, sont quant à eux complexes et variés.

Il est en tout cas peu probable qu’on puisse se couvrir de gloire, sich mìt Rüehm bedecka, en restant anonyme.

Edgar Zeidler

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