Dachlakàpp

Dachlakàpp

La casquette à visière se dit à Colmar Dachlakàpp, littéralement « la casquette avec un petit toit », Dachla étant le diminutif de Dàch, toit. Dans le Sundgau, on dit Dachlétschapper. Tschapper quant à lui est dérivé du français « chapeau », mais signifie d’abord « casquette » puis « galurin » ou vieux chapeau. Il est probable que Tschàppel, simple d’esprit, écervelé et son diminutif Tschàppala, benêt, nigaud, soient apparentés à Tschapper. Le carnaval des femmes était jadis le lundi de carnaval et s’appelait dans le Sundgau der Tschappermantig ou Hìrztàg. Ce jour-là, seules les femmes avaient le droit de se rendre à l’auberge. Rappelons que der Hìrz, c’est le cerf, synonyme Hìrsch. Par extension, a Hìrz hà signifie « être gris », ce qui dans le contexte carnavalesque n’étonnera personne. Mais on achetait aussi à Noël des Hìrzhärnlé, des petites pâtisseries en forme de corne.

En hiver, on met plutôt un bonnet de laine à pompon, a Zìpfelkàpp ou Zìpfelchàppa. Ce qui est intéressant, c’est que a Zìpfel signifie « une pointe » ou « un bout », comme dans Brotzìpfel. Mais il désigne de façon imagée aussi une personne maigre ou un benêt. L’adjectif zìppfelsìnnig, lui, a le sens de « fou, dérangé », synonyme kàppalatz. Dü màchsch mi noch gànz zìpfelsìnnig / kàppalatz signifiant : « Tu finiras par me faire perdre la tête. » Mais il existe aussi l’expression a Kàpp / Chàppa voll hà, être fou. Attention cependant à ne pas prendre au pied de la lettre cette autre tournure imagée : S Lisala wìll mìr d Chàppa wascha / putza. Non, Louise ne veut pas vous laver la casquette, mais bel et bien vous passer un savon.

Quant au chapeau qui coiffe une tête fière, c’est der Hüet. On l’achète chez le chapelier, bim Hüetmàcher, dans une chapellerie, ìma Hüetgschaft. D’ailleurs, les messieurs de la haute société se promenaient jadis en haut-de-forme, Zilìnder ou Zilander. Peut-être parce qu’ils étaient très imbus d’eux-mêmes, villicht wil sìe’s hoch ìm Kopf ghà han.

Edgar Zeidler

 

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