Dùrich der Kakao ziahja

 

Dùrich der Kakao ziahja

Ebber dùrich der Kakao ziahja / dur der Kakao ziahga, est une forme édulcorée de dùrich der Kaka ziahja, au sens de faire subir à quelqu’un un traitement avilissant et l’accabler de propos infâmants. Une variante étant dùrich der Schokolà ziahja.

La langue alsacienne regorge de ce genre d’euphémismes. Ainsi, au lieu de dire, ich bìn entlàssa worra, j’ai été limogé, on employait jadis à Mulhouse l’expression imagée, ìch hàn der Kàlander biku. Par Kàlander, on entendait l’ensemble des fiches de paie, Lohnzettel, et autres papiers témoignant de son emploi.

L’énigmatique, ar hät Kàlbfleisch gassa, il a mangé du veau, signifie en fait que la personne a engrossé une jeune fille mineure. D’ici à qualifier ce genre de type de Kàmbüs, tiré du français cambuse, maison mal famée, il n’y a qu’un pas.

Le méconnu ar hät Hàsahoor àn da Hand, il a des poils de lièvre aux mains, renvoie au braconnier qui pose des collets pour attraper des lièvres. Par extension, cette expression désigne une personne vivant d’expédients et ne travaillant pas. D’une personne ne travaillant jamais, on dira, ar hät àllawil d Hand ìn da Säck, il a toujours les mains dans les poches.

Der Gügück, le coucou, a aussi une fonction périphrastique, destinée à éviter l’évocation du diable. Dich sott der Gügück hola, que le diable t’emporte. Gàng zùm Gügück, va au diable. Très proche, le yiddisch, ar ìsch z’Gückes gànga, il est allé au diable.

Terminons par une note d’humour typiquement alsacien, concernant les prévisions météo. Wenn der Gückel ùffem Mìschthüffa krahjt, schàngschiart s Watter oder s blit, wia’s ìsch, quand le coq chante sur le tas de fumier, le temps change ou bien il reste comme il est .

 

Edgar Zeidler

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