​​​​​​​Brummelsupp(e)

Brummelsupp(e)

Quand un ami vous quitte à regret et dit : « Ich müess jetz geh, sonscht gìtt’s d heim Brummelsuppe », cela équivaut en français à : « Il faut que j’y aille, sinon il y aura de la soupe à la grimace à la maison. » Par extension, un grincheux se dit aussi e Brummelsuppe dans le Sundgau et est synonyme de Brummelbar, qui se dit Brùmmbar à Colmar et Brùmmelhàfe à Strasbourg.

Attention à ne pas les confondre avec d Brumbäri (Sundgau) ou d Brùmbeere / Brùmere ou Bromere , les mûres. Le buisson de ronces étant der Brumbärihurscht (Sundgau), ou d Brombeereheck (Colmar, Strasbourg).

Mais revenons au très large champ lexical des râleurs et autres grognons. On peut les entendre bäule, beffze, brumme, brummle, bruttle, giffe, grumse, grumsle, meckere, muffle, murfle, murmle, mure, muttere, nàngse, nìkse, suttere, stänkere et sure ; tous ces verbes signifiant grommeler, maugréer ou bougonner. Le couple allitérant muttere un suttere, correspond quant à lui à maugréer et fulminer. Ebbis ìn der Bàrt brummle signifie maugréer quelque chose dans sa barbe. Ce verbe est phonétiquement proche de brumme, bourdonner. Dans ce contexte, der Brummler sera le bourdon, synonyme de d Hummel. Mais e Brummler a aussi le sens de grincheux, la variante phonatoire étant Brummli. L’adjectif brummlig signifie bougon, grognon. Bougonnement, ronchonnement, voire grognement se dit d Brummlerèi.

Tout le monde connaît schlacht glünt, de mauvaise humeur, référence à la lune et à son influence supposée sur nos humeurs. Dans ce cas, on fait la tête, mer màcht e Hìrn. Logiquement, faire la tête à quelqu’un se dira, ebberem/eim e Hìrn màche. On est heureusement loin du redouté hìrnwietig, dément, qui dans sa forme adverbiale a une grande force évocatrice : Sìe düet hìrnwietig briele, elle pousse des cris effroyables, accueil qu’on ne souhaite pas à l’ami qui rentre tard évoqué plus haut.

 

Edgar ZEIDLER

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