Büchriwerla

 

Büchriwerla

Dans ce monde de brutes, nous allons nous évader et passer en revue quelques mots doux alsaciens, elsassischi Schmüswärter. L’expression mìtanànder schmüsa peut se traduire de diverses manières. Elle signifie flirter, câliner, cajoler, voire folâtrer (à deux). A Schmüser est donc un cajoleur et son pendant féminin a Schmüskàtz ou, en plus mignon encore, a Schmüskatzla, une chatte câline ou minette. Une variante est Bettkàtz, femme câline.

Une douce caresse sur le ventre peut se dire Büchriwerla. On peut aussi se frotter l’un à l’autre, sich ànanànder riwa. Quand on est amoureux fou, on emploie le verbe à (n) hìmmla, adorer, vénérer. Et cela peut arriver à n’importe qui, car comme le dit l’adage : « Chaque petit pot trouve son couvercle » : « Jedes Hafala fìndt sin Deckala. »

Attention aux finesses langagières : a Maidla àriahra, toucher une jeune fille, n’est pas synonyme de a Maidla beriahra, attendrir, émouvoir une jeune fille. Il est en tout cas recommandé de dorloter, (ver) bibabla, son poussin, sin Bibbala (68) ou Bibbel (67) et, quand on est un homme, il convient d’être a güeter Bettwärmer, un bon chauffe-lit, en d’autres termes, un bon amant.

Quand le cœur bat à la chamade, wenn s Harz boppert, et qu’on ne voit plus que sa petite colombe, sin Diwala, et sa jolie frimousse, sin natt Fratzala, on la considérera, si l’on est de Kappelen, comme sa gerbe de bonheur, sin Glìckhampfela ; ou si l’on est d’ailleurs comme sa (coccinelle) chérie, sin Herrgottskaferla ; ou, en plus imagé encore, on implorera son « hanneton adoré au cœur palpitant » par ces mots : O, dü minner harzgeboppelter Maikafer !

Il est probable qu’on passera alors une nuit divine, a Hìmmelsnàcht, sur le coussin céleste, uffem Hìmmelskìssa. On se qualifiera réciproquement de Schàtz ou Schàtzi, chéri(e) ou de Liabschter et Liabschti, bien-aimé(e), et on formera un couple d’amoureux, a Liawesparla.

Qui d’autre que Nathan Katz pouvait mieux associer l’amour et l’amour du pays ? « Dü bìsch d Seel vo minnera Heimet, Maidl ! Àlli Scheenheit vo minnera Heimet bìsch ! » Ma belle, tu es l’âme de mon pays, et toute la beauté de mon pays, ma mie !

 

Edgar ZEIDLER

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