Àllerhànd

 

Àllerhànd

Dàs ìsch jo àllerhànd/àllerhàng ! Selon l’intonation, cette expression signifie : c’est un peu fort, c’est un comble, voire : eh ben dis donc ! Dü kennsch àllerhànd Litt, tu connais toutes sortes de gens.

Àllerhànd est composé de àll (a), tous, et de Hànd, la main, donc les mains pleines au figuré. Au marché aux puces, uffem Flohmarkt, on a un sacré choix, àllerhànd Üsswàhl. Sur les étals, d Marktstand, s’entassent un fatras d’objets inutiles, souvent sans valeur, àllerhànd Grìmpel.

Mais on peut aussi àllerhànd schlucka, avaler des couleuvres, àstella, faire les quatre cents coups, vertràga, supporter pas mal d’ennuis.

Àllerhànd peut, selon le contexte, être synonyme de àllerlei, par exemple àllerlei erlawa, verzähla, vivre, raconter toutes sortes d’aventures.

Moult combinaisons sont possibles avec àll, comme àllerdìngs, toutefois, qui peut être synonyme de jedoch, tàtsachlig, wìrcklig, nammlig, gwìss, et donc signifier comment, pourtant, sans doute, assurément, néanmoins, il est vrai que, toujours est-il, en effet, certes.

Àllgebott/àllagabott, qui insiste sur la répétition, à chaque instant, à tout bout de champ, a été expliqué dans une précédente leçon.

Àllamol/àllimol, toutes les fois, à coup sûr, donne l’expression eins fer àllamol, une fois pour toutes.

Àllawag/àllawaj, pas possible, de toute façon, probablement, permet aussi d’exprimer son scepticisme : jo àllwag ! et puis quoi encore !

Àllawill, toujours, figurait dans le cri de ralliement des conscrits, d Guskri, après le conseil de révision, d Muschterung, : àllawill noch !Gàs !Wàs hamm’r ?- Durscht ! – Wàs wann m’r ? – Süffa !Wàs wann m’r nìt ? – SchàffaWo gehn m’r àna ? – ìn’s Kloschter ! Traduit de façon libre et soft, cela donne : Toujours sous pression ! – Qu’est-ce que nous avons ? – Soif ! – Qu’est-ce que nous voulons ? – Picoler ! – Qu’est-ce que nous ne voulons pas ? – Trimer ! – Où allons-nous ? – Au couvent !

 

Yves BISCH

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